Philo 2.0
Par Pierre le jeudi 15 février 2007, 15:35 - science&technologie - Lien permanent
Quand on a la chance d'étudier un peu les médias, on a tendance à avoir
une approche plutôt sociologique des changements dans ce domaine.
Le web 2.0 n'est pas une révolution à proprement parler : pas de grand soir pendant lequel on brûlera les sites non collaboratifs ou pas en Ajax, pas de modification brusque de nos comportements. Pourtant ceux-ci ont changé, et avec eux notre manière d'appréhender le web, et plus largement les médias. Et à travers les médias, la société.

Le web 2.0 n'est pas une révolution à proprement parler : pas de grand soir pendant lequel on brûlera les sites non collaboratifs ou pas en Ajax, pas de modification brusque de nos comportements. Pourtant ceux-ci ont changé, et avec eux notre manière d'appréhender le web, et plus largement les médias. Et à travers les médias, la société.

Petite leçon de web, 2.0 ou pas, et plus si affinité, en 4:30...
L'auteur de cette vidéo, Michael Wesh, un professeur d'anthropologie à l'université du Kansas, s'est fait une spécialité de l'étude des nouveaux médias d'un point de vue ethnologique.
Son mérite est de rendre son discours accessible à la plupart, et celui-ci n'en prend que plus de force.
Personnellement je reste scotché sur l'idée que tout ce que nous écrivons, toutes les requêtes que nous établissons, tous les clics que nous faisons ont en commun de nourrir la machine... Les tags, les mots clefs, apprennent à des outils de plus en plus perfectionnés qui en deviennent capables d'appréhender. Personne ne s'étonne plus qu'une machine vous donne des conseils quand vous faites une recherche dans Google... Une seule faute de frappe et celle-ci s'en aperçoit, s'empressant de vous corriger.
Jamais les impacts de la technique sur notre rapport aux autres n'auront été si forts. Qui aurait pu prédire que le travail d'une poignée d'ingénieurs il y a 50 ans allait modifier notre façon de communiquer, d'envisager l'espace, le temps, et même de mettre en scène nos émotions?
Si vous avez encore des doutes sur ce dernier point, pensez à la tentation que vous éprouvez d'utiliser de façon de plus en plus systématique les smileys, que ce soit sur un support digital ou non. Est-ce que nos émotions d'humains peuvent vraiment se résumer à deux points et une parenthèse ?
[Edit]Une nouvelle version de la vidéo vient d'être mise en ligne, simplement un peu plus complête (visuellement en tout cas)[/Edit]
Commentaires
Ça c'est du bon billet Pierre. Tu relèves le niveau après "The beauty and the geek"!
Le billet et la vidéo sont bien foutus et assez clairs pour faire réfléchir sans pour autant assommer les gens avec des termes techniques. Si la séparation du contenu et de la présentation (avec XHTML + CSS) fait vraiment du bien, il faut quand même bien insister aussi sur l'accessibilité.
Et puis le plus gros est à venir avec le Semantic Web - en gros on formate et organise les données pour qu'elles soient compréhensibles et combinables par les machines. L'exemple tout simple de semantic web: notre flux RSS!
Merci, merci... Je crois qu'avec nos deux billets on résume bien toute la biporalité du geek, non?
effectivement la séparation du contenu et du support est un point interessant... Traditionellement le contenu devait s'adapter aux contraintes du format. Nous sommes tellement conditionnés par cette façon de considérer les choses qu'on prend à peine conscience de ce que la fin de ce lien signifie. Pour la plupart des contenus qui circulent sur le web, on continue d'appliquer bêtement cette rêgle qui n'a plus vraiment raison d'être.
Concernant le Semantic Web, l'article de wikipedia m'a appris beaucoup, fait peur un peu aussi. Même si le but final est de nous servir, on édite du contenu à destination exclusive des machines... Skynet te voila ? (je savais que j'aurais pas du regarder Terminator 3 dimanche soir moi...)