Je m'explique : au début de chaque 'nouveau' service, les utilisateurs sont presque des initiés : d'abord testeurs beta, puis utilisateurs de longue date, ils ont appris a connaître et maîtriser l'outil. On s'adresse à des gens intelligents. Et puis l'ouverture du service à la masse est synonyme de bouleversement de l'eco système : peu à peu le monde afflue, et chacun y vient parce que le voisin y va. Un peu comme une crique sauvage sur la côte, qui vierge au départ, se transforme en station balnéaire en six mois.

Les menstruations du web

Je focalise ma réflexion sur facebook. D'abord réservé aux initiés, à "ceux qui savent" et qui ont déjà éprouvé linkedin / viaduc, la masse populaire y arrive chaque jours par cargots entiers. Ca pourrait très bien se passer si les erreurs du début du web grand public (allez, on va dire la vague 98/2000 avec les forfaits 56k tout compris puis deuxième vague 03/05 avec l'ADSL) ne se reproduisaient pas à chaque fois. Comme une fleur, chacun découvre les Têtes à claque, Google Maps, YouTube et... le spam. A chaque vague, on a droit à l'inexorable redit des erreurs du passé. Les chaînes de l'amitié. Les chaines de si tu réponds pas tu vas être malheureux pendant 10 ans. Les chaines attention virus. Les chaines devinettes ... Déjà j'ai mis du temps à éduquer mon Gmail pour qu'il vire ce genre de mail pourave, mais si en plus je le subis sur facebook, non, ça ne va plus. Pourtant on a affaire à des internautes qui ont déjà une adresse e-mail, qui ont déjà découvert MSN-kikoo-lol ... Alors pourquoi reproduire le même genre d'énormités sur un service online ? Comme si un contact pouvait balancer un virus par facebook ? Mais WTF !? Hello !?

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L'ignorance de masse a toujours raison

Le pire c'est que plus le web est accessible au plus grand nombre, moins ces derniers s'instruiront. Les services "2.0" sont aujourd'hui tellement faciles d'utilisation qu'on ne se pose plus la question de "comment ça marche" pour comprendre des schémas classiques. Résultat, on se lance dans la création d'un skyblog, dans un compte facebook, mais on ne sait pas comment ça marche ; du coup la peur et/ou l'ignorance facilitent grandement les croyances en des rumeurs pourtant absurdes. A force de sur-protéger un utilisateur, pour peu qu'une situation sorte des rails il cède immédiatement à la folie. J'en veux pour preuve l'hoax du moment sur facebook, relayé sur tous les wall, superwall, funwall et même par messagerie. Il suffit de se poser deux minutes pour se rendre compte que non, ce n'est pas possible de choper un virus en acceptant un contact dans sa liste d'amis. Déjà, accepter des amis qu'on connait pas est un acte stupide. C'est comme le coup du "envoie ça a tous tes contacts et t'auras la réponse à l'énigme"... Non, ce n'est techniquement pas possible.

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Fuite du 2.0, back to the roots?

Comme l'annonçait un visionnaire, le futur du web ne se situe pas dans les services de ouf, mais peut-être bien dans l'abandon de toutes ces facilités. Et si on retournait à des plates-formes qui nécessitent de coder un peu pour envoyer un message ? Et si le prochain réseau social était fermé à ceux qui ont une adresse hotmail ? Et si avant de poster un funwall il fallait répondre correctement à un captcha du type "ton message n'est-il pas du spam?"

En fait, si les populations ne veulent pas comprendre comment marche un outil avant de l'utiliser, les explorateurs auront vite fait de se barrer voir ailleurs. Ou de tout laisser tomber, comme cette idée vue chez jbouteiller.

Ne manquez pas de profiter en grand format de notre Schéma des Menstruations du Web :

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