Then we came to the end

Pour tout vous dire, j'ai découvert ce bouquin en flânant sur Amazon[1]; spécialement dans la rubrique The New York Times: 10 Best Books of 2007. Si quelques uns ne m'ont pas tenté du tout, le roman de Joshua Ferris m'a vraiment intrigué.

Le fait de prendre la tourmente d'une agence de pub dans la bulle internet comme base de l'histoire était un pari intéressant. Mais attention, le livre ne donne pas pour autant dans le développement personnel ou dans le marketing pur.

Un roman façon "The Office"?

Quand j'ai lu une critique qui qualifiait ce roman de The Office meets Kafka, j'ai quand même eu quelques doutes.
Comment peut-on comparer les deux références? Est-ce qu'on pourrait dire aussi "La petite maison dans la prairie meets Jack London"? Je ne crois pas.

J'ai plus saisi le sens de la remarque en dévorant les chapitres; On se retrouve rapidement intégré dans la vie de l'agence, entre potins de bureau, légendes urbaines de l'entreprise et blagues entre collègues.

Un des fils rouges hilarants du livre, la psychose installée sur la gestion des fournitures: dans le contexte rude (tout le monde a peur de se faire licensier), la responsable des fournitures sème la terreur; qui a échangé son étagère avec son voisin, qui a piqué une chaise dans le bureau d'un licensié? C'est la folle rumeur aux registres secrets et aux numéros de série gravés sous les sièges!!

Focus sur le "nous" au bureau

Tout le roman est écrit avec le point de vue "nous", ou plutôt "on". Le fameux "on", un groupe indéfini dont on est membre parfois malgré nous; un groupe qui a ses bêtes noires à l'étage, ses petites histoires. Assez rapidement, Ferris réussit le pari de nous inclure dans ce groupe et de nous raconter cette histoire, comme un collègue nous raconterait les derniers ragots.

Son tour de force, nous livrer un univers crédible et criant de vérité, au point de nous rappeler nos collègues, et surtout de nous faire réfléchir sur la dynamique de groupe au travail.

Sans trop vous gâcher la lecture[2], on se rend vite compte que la vie de l'agence de pub dépend vraiment de la santé (mentale et physique :-) ) de ses employés.

Nouvelle référence dans la Pop culture?

Je ne sais pas si le roman a eu un très gros succès, mais j'ai ajouté quelques expressions sympathiques à mon répertoire de pop culture.
Pas facile de les comparer à la grande culture de Office Space (ahh, les fameux TPS reports et les swingline staplers...), mais j'ai bien aimé:

  • ''shitcanned'', une des nombreuses expressions imagées pour dire "se faire virer"
  • ''walk down spanish'', pour parler de la démarche de condamné d'un employé fraîchement shitcanned (justement!)

Notes

[1] Ahh, Amazon US, toi qui connaît mes faiblesses! J'ai toujours une bonne excuse pour acheter des bouquins en ligne; en ce moment, "le dollar est super bas!".

[2] en fait, je ne sais pas trop si ce genre de billets a sa place sur RollsRox... Des avis?